Page:Rousseau - La Monongahéla, 1890.djvu/143

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
145
La Monongahéla

— Je m’en suis douté au regard qu’il a lancé à Dona Maria quand je lui ai annoncé son départ ce matin. Mais ceci ne prouve pas que le cœur de ma fille ne soit plus libre.

— S’il n’y a que quelques heures que vous avez surpris l’amour du jeune homme, celui de Dona Maria ne peut-il vous avoir échappé ?

— Il est vrai, répondit Don Pedro en branlant la tête, que je saurais mieux dompter un cheval sauvage que déchiffrer le fond du cœur d’une jeune fille ; mais, je le répète, j’ai lieu de croire que celui de Dona Maria est libre de toute affection. Vous voyez donc que vous avez tort de vous alarmer. Du reste il part demain matin, ce jeune homme.

— C’est vrai. Mais dans un mois peut-être, il reviendra, il reverra Dona Maria sur laquelle il a déjà produit une forte impression. Qui sait ? s’il ne parviendra pas à circonvenir son cœur ? Qui peut dire même s’ils n’ont pas échangé déjà des serments.

— Quelles chimères ! Don Gusman.

— Tout est possible avec ces enchanteurs de Français.

— Il est facile de s’en assurer.

— Comment ?

— Je vais appeler Dona Maria et la sommer de me dire la vérité.

— Mauvais moyen.