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La Monongahéla

un tour mort une amarre au pied du mat de la première chaloupe. Bon. — Cinq hommes de la seconde chaloupe vont nous remorquer le long du rocher jusqu’au bout du cap, et en avant sur l’Anglais.

— Et maintenant à genoux, mes enfants, prenons le mot d’ordre d’embarquement du grand Gabier et de la bonne Dame !

Il était beau le spectacle de ces hommes à genoux demandant la victoire à l’Étoile des Mers. Ils allaient probablement y passer tous, ou à peu près ; qu’importe, il se présentait une chance entre mille de servir la patrie et ces hommes n’hésitaient pas à faire le sacrifice de leur existence.

— Embarque, maintenant, matelots ! commanda Bertrand.

Avec le plus grand ordre, chacun pris le poste qui lui avait été assigné. L’avant de la deuxième chaloupe fut solidement attaché à l’arrière de celle que commandait Bertrand ; cinq matelots s’attelèrent à l’amarre, les rames furent bordées et les deux embarcations s’avancèrent lentement, mais sûrement vers l’extrémité du cap qu’elles atteignirent en moins d’une heure.

On arrêta un moment pour reprendre haleine et faire les derniers préparatifs, puis on se remit en marche à force de rames.

Le vaisseau anglais était toujours au même endroit, immobile, ses voiles pendant le long des