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La Monongahéla

flotte mit à la voile le seize septembre pour l’Angleterre et y arriva le neuf octobre.

Un nouveau malheur y attendait Walker. Quelques jours après son arrivée dans le port de Spithhead, le vaisseau-amiral l’Edgar, prit feu et sauta.

« La Providence avait certainement manifesté une protection particulière sur le Canada, conclut Ferland ; non-seulement elle avait renversée les projets de deux corps ennemis, dont chacun avait des forces supérieures à celles de toute la colonie, mais elle l’avait enrichi des dépouilles d’une armée qu’elle n’avait pas eu la peine de vaincre. Aussi, dans toutes les parties du Canada, des remercîments sincères furent adressés au Dieu qui avait sauvé la province. »

Voici ce qu’écrivait la mère Juchereau de St-Ignace, une religieuse contemporaine de ce désastre : « Il serait difficile d’exprimer l’étonnement et la joie que cette nouvelle inspira… Nous apprîmes dans la suite, qu’au nord de l’île aux Œufs… huit des plus gros vaisseaux s’étaient brisés avec une violence épouvantable sur les rochers et sur la batture… Les éclairs et le tonnerre se mêlant au bruit des flots et des vents, et aux cris perçants de ces naufragés, augmentaient l’effroi… le tonnerre tomba sur un de leurs vaisseaux et le fit sauter… Tous ces malheureux tâchèrent de gagner terre, et environ trois mille, après y être arrivés, sans compter ceux