Page:Rousseau - Le château de Beaumanoir, 1886.djvu/21

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de mes pistolets pour abattre l’iroquois qui était en frais de scalper mon voisin. Plus heureux que M. de Trépézée qui fut pris avec quatre-vingt-dix hommes mon compagnon et moi, nous réussîmes à atteindre le fort sans encombre à la faveur de la nuit.

— Ce jeune chef huron dont j’ai eu le bonheur de sauver ainsi la chevelure, à laquelle il tenait tant que depuis il m’a voué une reconnaissance éternelle, est le personnage que je vais avoir l’honneur de vous présenter sous le nom euphonique de Tatassou.

Nous ne ferons pas assister le lecteur aux larmes de la mère en revoyant son fils adoré, larmes de joie, douce rosée céleste que les anges du bon Dieu viennent recueillir. Nous ne redirons pas non plus le récit de toute la campagne de Louis, récit qu’il dût recommencer pour chaque nouveau visiteur, et Dieu sait s’il en vint, ce soir-là, à la ferme du père Ignace Gravel.

Laissons maintenant reposer nos personnages. Nous les retrouverons demain matin à la messe dite par M. Duburon à la demande de la mère Gravel, pour remercier Dieu d’avoir préservé son fils des dangers de la guerre.