Page:Rousseau - Le château de Beaumanoir, 1886.djvu/24

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froy avait reporté toute sa tendresse sur son unique enfant, Claire, qui atteignait alors sa vingtième année.

Rien de charmant comme cette jeune fille ! Que d’innocence sur ce front ! Que d’éclat et de naïf étonnement dans ces deux yeux noirs, dans ce regard velouté ! Que de fraîcheur sur ces joues ! Que de grâce dans cette bouche qui semble faite pour sourire ! Qu’elles sont belles, ces jolies petites dents ! Qu’ils sont magnifiques et soyeux, ces beaux cheveux châtains ! Que de trésor dans ce buste ! Que cette main, coquettement soignée, est effilée et gentille ! Que cette taille élancée est bien faite…

Le tout est à ravir…

Claire n’avait pas connu les soins d’une mère. Elevée d’abord par sa vieille nourrice, elle fut confiée plus tard aux religieuses Ursulines de Québec qui en avait fait avant tout une fille vertueuse. M. de Godefroy l’avait rappelée auprès de lui depuis deux années seulement, afin de faire les honneurs de sa maison à la ville, au moment où nous la présentons.