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IV

UNE RENCONTRE FORTUITE


Tous les fidèles du voisinage, et les divers personnages que nous venons de mettre en scène, étaient réunis le lendemain matin de bonne heure à l’église pour entendre la messe de M. Duburon.

En avant de la nef, dans le banc du seigneur, Louis ne remarqua pas sans émotion la présence de mademoiselle Claire de Godefroy, qui ignorait encore son retour. Grande fut donc la surprise de la jeune fille quand Louis, au sortir de la messe, lui présenta l’eau bénite en lui, demandant des nouvelles de sa santé et de celle de son père.

— Quelle heureuse surprise ! fit-elle en rougissant. Et depuis quand parmi nous ?

— Depuis hier soir seulement, mademoiselle, et déjà sur mon départ, car je n’ai obtenu un congé que sous le prétexte d’aller en éclaireur à St-Joachim, afin de m’informer des mouvements de la flotte anglaise.

— Nous sommes donc menacés d’une nouvelle invasion anglaise ?

— Plus sérieuse que jamais, et si de prompts