Page:Rousseau - Le château de Beaumanoir, 1886.djvu/65

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— Rassurez-vous, Mademoiselle, lui dit Louis d’un air triste, je ne vous veux pas de mal, je vais me retirer puisque ma vue vous importune et vous effraie.

— M’effraie ! m’importuna ! oh ! vous ne le pensez pas, car ce serait me croire bien ingrate, bien méchante.

— Oh ! Mademoiselle….

— Me croyez-vous assez oublieuse, assez peu reconnaissante pour ne pas me souvenir que mon père vous doit la vie de son enfant ?

— Vous vous exagérez la valeur de mon action.

— Vous en parlez bien à votre aise. Et si vous n’aviez pas été là ? Si vous aviez hésité à vous jeter dans le péril ?

— Un des messieurs qui vous accompagnaient aurait sans doute pris ma place et aurait été assez…..

— Permettez-moi d’en douter, car ces messieurs, comme vous dites, ne me semblent pas avoir mis un grand empressement à venir à mon secours.

— Mademoiselle………

— Et maintenant daignez me croire ; j’ai bien prié la Vierge et ma mère qu’elles vous obtiennent le bonheur.