Page:Rousseau - Le château de Beaumanoir, 1886.djvu/71

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teuil, et se plaçant près d’elle, en la tenant dans ses bras, comme une mère qui câline son enfant :

— Vous l’aimez donc bien, ce jeune homme ? demanda-t-elle.

— Oh ! oui, et s’il fallait y renoncer, j’aimerais mieux mourir.

— Il faut bien prier Dieu de vous éclairer, ma chère enfant, car c’est peut-être un malheur que cet amour. Vous savez la faiblesse de votre père pour M. Bigot, ses espérances dans sa protection… Il serait capable d’en mourir, lui aussi, si ses espérances étaient déçues.

Ne vous découragez pas cependant, mon enfant, et demandez protection à votre sainte mère qui veille sur votre bonheur.

Elle pressa tendrement Claire contre elle…

La jeune fille ne répondit pas… Dorothée se pencha vers elle :

— Vous ne m’entendez pas, Claire ? dit-elle d’une voix douce et avec un accent insinuant.

Claire lui étreignit les mains.

— Si ! dit-elle. Je t’entends.

— Et vous dites ?

— Je dis… que puisque Dieu m’a pris ma