Page:Rousseau - Le château de Beaumanoir, 1886.djvu/78

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— Mais, mon Dieu ! tu es folle ! que dis-tu donc là, mon enfant ?

— Ce que je pense.

— Tu te trompes ! tu te fourres des chimères dans la tête.

— Quelque chose me dit que non.

— Allons donc ! c’est de l’enfantillage ! Tu ne sais ce que tu dis !

— Pardonnez-moi, mon père.

— Toutes les jeunes filles disent la même chose, et cependant…

— Ne me contraignez pas à cette union, je vous en prie.

— Mais c’est impossible ! Il faut que tu épouses M. Bigot et tu l’épouseras.

M. de Godefroy était dans un état d’agitation impossible à décrire. Il se mit à se promener d’un pas nerveux.

Enfin, revenant brusquement à Claire et attirant un siège à lui :

— Voyons, mon enfant, dit-il en s’essayant, expliquons-nous. Ce que tu viens de me dire m’a tellement surpris, tellement bouleversé, que je ne sais plus où nous en sommes. Tu dis que tu ne veux pas épouser M. Bigot ?