Page:Roussel - Chiquenaude, 1900.djvu/19

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allée prendre une épée à l’une des panoplies accrochées aux murs. Puis, s’approchant de la rampe, elle avait tiré de sa poche un flacon bleu foncé.

« Ceci est un poison sans remède, » disait-elle sournoisement.

Et sans que les autres la voient, elle trempait la pointe de l’épée jusqu’au fond du flacon qu’elle jetait ensuite par la fenêtre.

Justement Panache et Méphisto étaient sur le point d’engager le combat.

« Arrêtez, messeigneurs, criait Chiquenaude en se mettant entre eux deux, vos épées ne sont point égales ; la tienne est bien plus longue, Panache, et il serait indigne de toi de combattre avec un tel avantage : En voici une de la même taille que celle de ton adversaire ; c’est celle-là qu’il faut prendre. »

Toujours scrupuleux, Panache jetait loin de lui l’épée trop longue, et acceptait celle que lui tendait sa marraine.

À la vue de ce manège, si inutile à ses yeux, Méphisto recommençait à rire. Il prenait une pose fanfaronne et, le poing sur la hanche, déclamait d’un bout à l’autre son ode victorieuse :