Page:Roussel - Chiquenaude, 1900.djvu/21

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des bottes qu’il savait impuissantes contre lui et recommençait son jeu imprudent ; dès lors il était perdu. Décidé à ne pas reculer d’une ligne Panache tenait bon, et soudain en parant un coup droit il enfonçait son épée dans la cuisse de Méphisto. Le malheureux fléchissait aussitôt.

« Malédiction !… » gémissait-il faiblement. Et il tombait mort. Le poison avait eu un effet instantané.

Sans perdre de temps à regarder sa victime, Panache raccrochait à la panoplie l’épée du combat, puis il ramassait la sienne pour la remettre au fourreau. Il s’avançait alors vers Foire, et la saluant profondément :

« Madame, disait-il, après les événements de cette nuit j’ai l’honneur de vous faire mes adieux. Je ne m’abaisserai pas jusqu’à emporter les richesses que j’ai accumulées ici. Ces richesses je vous les donne, elles sont à vous. Pour moi j’irai recommencer ma fortune ailleurs. C’est ainsi que j’agis avec les femmes. »

Il s’inclinait de nouveau et sortait la tête haute.

Foire, éperdue, se jetait à genoux pour le retenir et l’appelait avec désespoir. Mais il continuait