Page:Roussel - Idées religieuses et sociales de l’Inde ancienne.djvu/39

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Ton esprit se complaît-il dans la loi ? Ces plaisirs sont-ils tempérés ; ton âme n’en est-elle pas accablée ? Ô chef des hommes, persistes-tu dans la noble conduite de tes ancêtres, relative au devoir et au profit, à l’égard des trois (catégories) ?[1] Ne négligerais-tu point le devoir pour l’intérêt, ou l’intérêt pour le devoir, ou l’un et l’autre pour le désir dont l’essence est la volupté ?[2]… N’es-tu pas esclave du sommeil ?… Ton astrologue est-il capable d’interpréter les présages et de neutraliser les effets des perturbations de la nature ?… Es-tu accessible à chacun, comme (si tu étais) son père ou sa mère ?… Les laboureurs sont-ils contents ?… Après avoir dormi durant les deux précédentes veilles de la nuit, ô roi, te lèves-tu pendant la dernière, pour méditer sur le devoir et l’intérêt ?[3]… Appuyé sur le devoir qui est la racine du triple (objet)[4] et qu’observèrent les hommes d’autrefois, pratiques-tu les mêmes œuvres ?[5]… Dans les différends qui s’élèvent entre le riche et le pauvre, ô Bhârata, tes ministres, aveuglés (par les présents), ne décident-ils point contre l’équité ? L’incrédulité[6], la perfidie, la colère, la présomption, la remise indéfinie (des affaires), l’éloignement des sages (conseillers), l’inertie, l’inquié-

  1. La glose explique ce terme. Il s’agit, dit-elle, des personnes de très haut rang, de rang infime ou de rang moyen, par exemple les Ṛtvigs. les Purohitas, etc.
  2. Il n’est pas nécessaire d’avertir le lecteur qu’il s’agit du trivarga, c’est-à-dire du dharmakâmârtha, si célèbre dans l’Inde religieuse d’autrefois.
  3. V. 85. Chaque veille était de trois heures ; il y en avait quatre. D’après la glose, il s’agit ici des trois dernières.
  4. Pratap pense qu’il s’agit des trois Védas. N’est-ce pas plutôt le trivarga ? La glose est muette sur ce point.
  5. Ou plutôt : « T’appliques-tu à leur karman ? ».
  6. Nâstikyam, c’est-à-dire la négation de Dieu « atheism » comme traduit Pratap.