Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/114

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laisser trembler la rose dressée au bout de son bras tendu.

Les rideaux se rejoignirent, et aussitôt, derrière leur impénétrable obstacle, un tintamarre prolongé se fit entendre, causé par quelque travail fiévreux et empressé.

Soudain la scène réapparut, complètement transformée.

Le centre était rempli par un escalier dont la courbe se perdait dans les combles.

À mi-hauteur, un vieillard aveugle, en costume Louis XV, se présentait de face au tournant de la descente. Sa main gauche tenait un sombre bouquet vert composé de plusieurs branches de houx. En observant la base de la gerbe, on découvrait peu à peu toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, représentées par sept faveurs différentes nouées individuellement aux tiges groupées en faisceau.

Avec sa main libre armée d’une plume d’oie, l’aveugle écrivait sur la rampe, qui, placée à sa droite, lui offrait par sa forme plate et sa couleur blanchâtre une surface lisse et commode.

Plusieurs comparses, tassés sur les marches voisines, épiaient gravement les mouvements du vieillard. Le plus rapproché, porteur d’un large encrier, semblait guetter la plume pour l’humecter à nouveau.