Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/139

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partis des alvéoles voisines et tendus dans une direction unique, ne lui opposaient qu’une claire-voie incapable de former obstacle.

Sur le tissu, la montagne à demi gagnée par les flots était maintenant visible jusqu’à son sommet. Partout, contre ses flancs, de malheureux condamnés, à genoux sur ce dernier refuge qui allait bientôt leur manquer, semblaient implorer le ciel par de grands gestes de détresse. La pluie diluvienne se déversait en cataractes sur tous les points du tableau, parsemé d’épaves et d’îlots où se répétaient les mêmes scènes de désespoir et de supplications.

Le ciel s’élargissait progressivement vers le zénith, et des nuages immenses se dessinèrent soudain, grâce à un amalgame de soies grises finement assorties depuis les tons les plus transparents jusqu’aux nuances les plus fuligineuses. Les épaisses volutes de vapeur se déroulaient majestueusement dans les airs, recélant dans leurs flancs des réserves inépuisables, prêtes à constamment alimenter la terrible inondation.

À ce moment Bedu arrêta l’appareil en appuyant sur un nouveau ressort du coffre. Aussitôt les aubes s’immobilisèrent, cessant de porter la vie aux différentes pièces désormais roides et inactives.

Tournant l’ensoupleau à l’envers, Bedu, à l’aide d’une lame bien affûtée, coupa sur les côtés