Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/142

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le vieux Var les admirables vers dus à son génie, » expliqua Fuxier, qui bientôt projeta encore une pastille dans les flots calmés.

Le nouveau bouillonnement prit la forme d’un immense demi-cadran aux indications étranges. Le mot « MIDI », nettement tracé en relief par l’eau, occupait la place habituellement réservée à la troisième heure ; ensuite venaient vers le bas, sur un seul quart de cercle, toutes les divisions depuis une heure jusqu’à onze heures ; à l’extrémité inférieure, au lieu du chiffre « VI » on lisait « MINUIT » écrit en toutes lettres dans l’axe du diamètre ; puis, vers la gauche, onze nouvelles divisions aboutissaient à une seconde édition du vocable « MIDI » remplaçant la neuvième heure. Jouant le rôle d’aiguille solitaire, un long chiffon, ressemblant à la flamme d’un fanion, se rattachait au point exact qui eût figuré le centre du cadran complété ; soi-disant poussée par le vent, la souple banderole s’allongeait vers la droite, marquant cinq heures du soir avec sa pointe fine et tendue. L’horloge, dressée au sommet d’une tige solidement plantée, ornait un paysage découvert où passaient quelques promeneurs, et toute la reproduction liquide était surprenante de précision et de vérité.

— « L’horloge à vent du pays de Cocagne,» reprit Fuxier, qui amplifia son annonce par le commentaire suivant :