Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/145

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tracé en lignes d’or, voisinait avec une éblouissante gravure violette où le jeune homme, en chapeau haut de forme et en redingote boutonnée, se trouvait pris de profil jusqu’à mi-jambes. Plus loin une ébauche de diamant évoquait le brillant sportsman en costume de tennis, brandissant gracieusement une raquette prête à frapper. D’autres effigies irradiantes s’épanouissaient de tous côtés, mais le clou de l’ensemble était, sans contredit, certain large tableau vert émeraude, où, cavalier irréprochable monté sur un cheval au trot, le héros de cette fantasmagorie saluait respectueusement au passage quelque invisible amazone.

Le cortège s’était arrêté pour contempler à loisir cet attrayant spectacle.

Les portraits, descendant lentement et projetant sur une vaste étendue leur puissant éclairage polychrome, se maintinrent quelque temps sans rien perdre de leur éclat. Puis ils s’éteignirent sans bruit, un par un, et l’ombre peu à peu se répandit de nouveau sur la plaine.

Au moment où le dernier trait de feu s’évanouissait dans la nuit, l’entrepreneur Luxo vint se joindre à nous, fier du superbe effet produit par le chef-d’œuvre pyrotechnique dont il avait lui-même effectué le lancement.