Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/15

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quatre roues étaient fabriquées avec d’autres baleines noires ingénieusement combinées. Deux rails étroits, faits d’une substance crue, rougeâtre et gélatineuse, qui n’était autre que du mou de veau, s’alignaient sur une surface de bois noirci et donnaient, par leur modelé sinon par leur couleur, l’illusion exacte d’une portion de voie ferrée; c’est sur eux que s’adaptaient, sans les écraser, les quatre roues immobiles.

Le plancher carrossable formait la partie supérieure d’un piédestal en bois, complètement noir, dont la face principale montrait une inscription blanche conçue en ces termes : « La Mort de l’Ilote Saridakis. » En dessous, toujours en caractères neigeux, on voyait cette figure, moitié grecque moitié française, accompagnée d’une fine accolade :

D U E L { ἦστον.
ἤστην .


À côté de l’ilote un buste de penseur aux sourcils froncés portait une expression d’intense et féconde méditation. Sur le socle on lisait ce nom :

EMMANUEL KANT

Ensuite venait un groupe sculptural figurant une scène émouvante. Un cavalier à mine farouche de sbire semblait questionner une reli-