Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/173

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


fardeau de même espèce, infiniment plus léger. Le vieillard, tournant à demi la tête, semblait narguer les retardataires moins endurants et moins vigoureux que lui.

Dans l’avant-dernier grain, un adolescent vêtu d’un costume Louis XV regardait avec émotion, tout en passant comme un simple promeneur, une jeune femme en robe ponceau installée sur le seuil de sa porte.

— « La première sensation amoureuse éprouvée par l’Émile de Jean-Jacques Rousseau, » expliqua Fuxier, qui, en remuant les doigts, fit jouer les rayons électriques parmi les reflets rouge vif de la robe éclatante.

Le dixième et dernier grain contenait un duel surhumain que Fuxier nous donna pour une reproduction d’un tableau de Raphaël. Un ange, planant à quelques pieds du sol, enfonçait la pointe de son épée dans la poitrine de Satan, qui chancelait en laissant tomber son arme.

Ayant passé en revue la grappe entière, Fuxier éteignit sa lanterne sourde, qu’il remit dans sa poche, puis s’éloigna portant de nouveau, comme à son arrivée, le pot de terre et le récipient cylindrique.