Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/183

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sur pieds errait avec le poète. Auprès d’elle, un homme aux allures étranges semblait débiter de sombres propos qu’elle écoutait avec trouble et angoisse.

Une dernière image, contenant selon toute évidence le dénoûment tragique de l’idylle, montrait un gouffre terrible dont la paroi se hérissait d’aiguilles rocheuses. La Moresque, meurtrie à ces pointes sans nombre, accomplissait une chute effroyable, subissant l’attirance vertigineuse d’une foule d’yeux sans corps ni visage, dont l’expression sévère était pleine de menaces. En haut, le poète éperdu se précipitait d’un bond à la suite de son amante.

Cette scène dramatique fut remplacée par le portrait inattendu d’un loup à l’œil flamboyant. Le corps de l’animal tenait à lui seul autant de place qu’un des aperçus précédents ; en dessous on lisait, en grosses majuscules, cette désignation latine : « LUPUS ». Aucun rapport de proportion ni de couleurs ne reliait cette silhouette géante à la suite orientale dont l’unité restait flagrante.

Le loup s’effaça bientôt et l’on vit reparaître l’image du début, avec le jardin au bassin de marbre, le poète chanteur et le couple posté à la fenêtre. Tous les tableaux repassèrent une seconde fois dans un ordre identique, séparés par des intervalles de même durée. Le loup clôtura