Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/185

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Bientôt la prostration de Fogar eut une fin. Sa poitrine se souleva légèrement, marquant la reprise des fonctions respiratoires. Bex appuya sa main sur le cœur si longtemps arrêté, puis revint à sa place en nous parlant de timides pulsations à peine appréciables.

Tout à coup un battement des paupières détermina le retour complet à la vie. Les yeux perdirent leur fixité anormale, et Fogar, d’un mouvement brusque, saisit la fleur violette affalée près de sa main droite.

Avec une épine de la tige il se fit une entaille longitudinale sur la face inférieure du poignet gauche, ouvrant ainsi une veine saillante et gonflée d’où il retira, pour le déposer sur sa couche, un caillot de sang verdâtre entièrement solidifié.

Puis, avec un pétale de la fleur arraché lestement et pressé entre ses doigts, il créa quelques gouttes d’un liquide efficace, qui, tombant sur la veine, en ressouda subitement les deux bords écartés.

Dès lors la circulation, libre de tout obstacle, put se rétablir aisément.

Deux opérations identiques, faites par Fogar lui-même sur sa poitrine et près de l’angle interne de son genou droit, procurèrent deux nouveaux caillots sanguins pareils au premier. Requis pour la soudure des vaisseaux, deux autres