Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/187

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Fogar, élevant toujours son caillot vert, rencontra bientôt l’animal, qui effectuait régulièrement sa descente.

Les ventouses supérieures restèrent seules soudées, tandis que celles d’en bas, s’écartant de la hampe, saisissaient avidement le caillot abandonné par l’adolescent.

Grâce à un travail de succion gloutonne, les bouches aspirantes, s’aidant l’une l’autre, eurent vite fait d’absorber la pâture sanguine dont elles semblaient prodigieusement friandes.

Le repas terminé, elles se collèrent de nouveau sur la hampe, et l’ensemble, immobilisé, reprit son premier aspect de drapeau rigide aux couleurs inconnues.

Fogar mit son deuxième caillot près du fragile portique dressé à gauche de la hampe bleue sur le bord de sa couche.

Aussitôt, la frange pendue à la face inférieure de la travée horizontale s’agita fébrilement, comme attirée par un puissant appât.

Son arête supérieure était formée d’un système de ventouses pareil à celui de l’animal triangulaire.

Un travail d’acrobatie lui permit d’atteindre un des montants et de se diriger verticalement vers la friandise qu’on lui offrait.

Les tentacules flottants, doués de vie et de