Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/191

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Fogar, sans prolonger l’expérience, arrêta son ventilateur, qu’il rangea près de l’amphore.

Privés de vent, les bords du dôme se relevèrent doucement, et en peu d’instants le disque reprit son ancienne rigidité, perdant, d’après une fausse apparence, la vie animale qui venait de se manifester en lui.

Se tournant à gauche vers l’autre face de sa couche, Fogar souleva le bloc gélatineux pour le déposer avec soin sur les cent aiguilles de jais plantées verticalement dans leur couche de ciment ; lâché par le jeune nègre, l’inerte amas de chair s’enfonça lentement par l’effet de son propre poids.

Brusquement, sous l’impression de douleur aiguë causée par la piqûre des cent pointes noires, un tentacule, placé vers la partie antérieure du bloc, se dressa en signe de détresse, déployant à son extrémité trois branches divergentes terminées respectivement par une étroite ventouse présentée de face.

Fogar prit dans leur corbeille les trois chats à demi somnolents. Pendant ce mouvement l’ombre de son corps cessa de couvrir le bloc, sur lequel se projeta en partie l’énorme silhouette du loup, revenue pour la dixième fois au moins dans l’épaisseur de l’écran végétal.

Un à un les chats furent collés par le dos sur