Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/196

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crépitement, issu de la chandelle, qui, en se consumant, imitait le bruit du tonnerre.

Un court silence sépara ce premier roulement d’un nouveau fracas plus violent encore, suivi lui-même de quelques grondements sourds marquant une période d’apaisement.

La chandelle brûlait assez vite, et bientôt l’évocation de l’orage acquit une prodigieuse perfection. Certains coups de foudre, d’un éclat terrible, alternaient avec la voix lointaine des échos mourants et prolongés.

L’éblouissant clair de lune contrastait avec ce tapage caractéristique et furieux, auquel manquaient seuls le sifflement de l’ouragan et la production des éclairs.

Quand la chandelle, de plus en plus courte, eut presque entièrement disparu, Fogar, d’un souffle, éteignit la mèche, et le silence paisible se rétablit sans transition.

Aussitôt les porteurs noirs, revenus depuis peu d’instants, soulevèrent la couche étroite, sur laquelle l’adolescent s’allongea nonchalamment.

Le groupe s’éloigna sans bruit aux lueurs toujours changeantes créées par les projections polychromes.