Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/201

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montrer, l’avait enjoint de nous soustraire immédiatement au sommeil.

Soudain, produisant un bruit sec de déchirure, certaine lame brillante, partiellement offerte à nos yeux, sembla entailler d’elle-même une des parois noires de la logette.

Le tranchant, sciant avec force l’épais tissu, finit par accomplir un vaste parcours rectangulaire ; c’est de l’intérieur que le couteau était manié par Louise elle-même, qui bientôt, arrachant le pan de toile découpé, s’élança au dehors, porteuse d’un immense sac de voyage très chargé.

— Tout est prêt pour l’expérience, s’écria-t-elle avec un sourire de joyeux triomphe.

Elle était grande et charmante avec son aspect de guerrière complété par une culotte bouffante prise dans de fines bottes d’écuyère.

Par l’ouverture béante récemment créée apparaissaient, pêle-mêle sur une table, toutes sortes de fioles, de cornues et de cuvettes plates, qui faisaient de la logette un curieux laboratoire.

La pie venait de s’échapper pour voleter librement d’un sycomore à l’autre, en se grisant d’indépendance et d’air pur.

Norbert prit le sac pesant des mains de sa sœur et se mit en marche à ses côtés vers le sud d’Éjur.

Toute l’escorte, Talou et Sirdah en tête, suivit