Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/212

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un azur pâle à peine teinté, au sein duquel brillait, vers la droite, une dernière étoile attardée. L’œuvre, dans son ensemble, donnait une impression de coloris singulièrement puissant et restait rigoureusement conforme au modèle, ainsi que chacun pouvait s’en assurer par un simple coup d’œil jeté sur le jardin lui-même.

Aidée de son frère, Louise, maniant le crampon du chevalet, remplaça le tableau par un bloc de même grandeur, formé d’une épaisse juxtaposition de feuilles blanches reliées par leurs bords ; puis, ôtant le dernier pinceau employé, elle mit à l’endroit libre un crayon soigneusement taillé.

Quelques mots nous révélèrent le but de l’ambitieuse jeune femme, qui, voulant maintenant nous soumettre un simple dessin, forcément plus précis que le tableau comme finesse de contours, n’eut qu’à faire jouer certain ressort placé au sommet de la sphère pour modifier légèrement le mécanisme intérieur.

Prêts à fournir un sujet touffu et animé, quinze ou vingt spectateurs, sur la prière de Louise, allèrent se grouper à courte distance, dans le champ embrassé par la plaque. Cherchant un effet de vie et de mouvement, ils se posèrent comme les passants d’une rue fréquentée ; plusieurs, évoquant par leur attitude une marche