Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/225

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surprise en opposant à nos premières questions des réponses formulées dans un français facile et correct.

Quelques mots échangés nous firent connaître la mission de Séil-kor, chargé de nous conduire jusqu’à Éjur, capitale de l’empereur Talou VII, son maître, qui, attendant depuis quelques heures l’inévitable échouement de notre navire signalé par un pêcheur indigène, comptait nous retenir en son pouvoir jusqu’au paiement d’une rançon suffisante.

ll fallait s’incliner devant la force du nombre.

Pendant que les nègres s’employaient au déchargement du paquebot, Séil-kor, cédant à nos prières, voulut bien nous donner divers détails sur notre future résidence.

Assis sur une roche étroite, à l’ombre d’une haute falaise, le jeune orateur commença par conter sa propre histoire au groupe attentif que nous formions, étendus çà et là dans le sable mou.

À dix ans, errant dans cette même région où le hasard venait de nous jeter, Séil-kor s’était rencontré avec un explorateur français nommé Laubé, qui, séduit sans doute par la mine éveillée de l’enfant, avait résolu d’attacher à sa personne et de ramener parmi les siens ce souvenir vivant de son voyage.

Débarqué sur la côte occidentale de l’Afrique,