Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/226

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Laubé s’était juré de ne jamais revenir sur ses pas ; accompagné d’une vaillante escorte, il poussa fort avant dans l’est, puis, inclinant vers le nord, franchit le désert à dos de chameau et atteignit enfin Tripoli, point d’arrivée qu’il s’était fixé d’avance.

Pendant les deux années consacrées au voyage, Séil-kor avait appris le français en écoutant ses compagnons ; frappé par une telle facilité, l’explorateur avait poussé la sollicitude jusqu’à donner à l’enfant maintes fructueuses leçons de lecture, d’histoire et de géographie.

À Tripoli, Laubé comptait retrouver sa femme et sa fille, qui, suivant certains projets réglés au moment de la séparation, devaient depuis deux mois déjà s’être installées à l’hôtel d’Angleterre pour attendre son retour.

L’explorateur éprouva une bien douce émotion en apprenant par le portier de l’hôtel la présence des deux chères abandonnées, depuis si longtemps ravies à sa tendre affection.

Séil-kor, discrètement, sortit pour visiter la ville, ne voulant pas gêner les premiers moments d’expansion attendus avec tant d’impatience par son protecteur.

En revenant, au bout d’une heure, dans le grand hall d’entrée, il aperçut Laubé, qui l’emmena dans sa chambre, située au rez-de-chaussée et brillamment éclairée par une large