Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/239

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Séil-kor, brusquement inquiet, donna le signal de la retraite.

Quelque temps, le jeune garçon retrouva facilement son chemin, marqué sans interruption. Mais bientôt le jalonnement cessa ; quelque animal affamé, renard ou loup, flairant la piste savoureuse, avait léché les parcelles de fromage, brisant ainsi le fil conducteur des deux égarés.

Peu à peu le ciel s’était couvert et la nuit devenait opaque.

Séil-kor affolé s’obstina longtemps, mais en vain, à trouver une issue pour sortir du Maquis. Nina exténuée, grelottante de fièvre, le suivait à grand’peine et sentait à chaque moment ses forces prêtes à la trahir. Finalement la pauvre enfant, fléchissant malgré elle et poussant un cri de détresse, se coucha sur un lit de mousse offert sous ses pas, tandis que Séil-kor s’approchait anxieux et découragé.

Nina s’endormit d’un sommeil morbide ; il faisait maintenant nuit noire, et le froid était vif ; l’avent venait de commencer, et une impression d’hiver planait dans l’atmosphère humide et glaciale. Séil-kor, ému, ôta sa veste pour couvrir la fillette, qu’il n’osait priver d’un repos dont elle paraissait avoir si grand besoin.

Après un long assoupissement traversé de rêves continuels, Nina s’éveilla d’elle-même et se mit debout, prête à reprendre sa marche.