Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/245

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naufrage elles avaient pu sauver certain portrait en miniature les représentant toutes deux côte à côte coiffées de la mantille nationale ; Souann conserva cette image, précieux document propre à faire constater l’essence supérieure de sa race.

Talou et Yaour grandissaient, et, avec eux, se développaient les deux arbres plantés à leur naissance. L’influence du sang espagnol ne se manifestait chez les jeunes frères que par une coloration un peu plus pâle de leur peau noire et par une moindre accentuation de l’épaisseur des lèvres.

En surveillant les étapes de leur croissance, Souann s’inquiétait parfois des querelles sanglantes qui pourraient un jour éclater entre eux au sujet de sa succession. Heureusement une nouvelle conquête dissipa en partie ses angoisses, en lui fournissant l’occasion de créer un royaume pour Yaour.

L’empire du Ponukélé, fondé par Souann, était limité au sud par un fleuve nommé le Tez, dont l’embouchure se trouvait située non loin d’Éjur.

Au delà du Tez s’étendait le Drelchkaff, riche contrée que Souann, à la suite d’une campagne favorable, réussit à placer sous sa domination.

Dès lors Yaour fut désigné par son père pour monter un jour sur le trône du Drelchkaff. Comparé à l’empire voisin, l’apanage semblait certes bien modeste ; Souann espérait néanmoins