Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/288

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Velbar, en effet, ne survécut pas au choc terrible qu’il avait reçu pendant la chute de l’arbre incendié. Une semaine après son arrivée à Éjur, il rendit le dernier soupir entre les bras de sa fille adoptive, qui, jusqu’à la fin, veilla courageusement avec la plus active tendresse ce bienfaiteur si dévoué, seul soutien de son enfance.

Talou, voulant rendre à Velbar un hommage suprême, chargea Séil-kor d’enterrer glorieusement le corps du zouave au milieu du côté ouest de la place des Trophées.

Copiant le modèle des sépultures françaises, Séil-kor, aidé de plusieurs esclaves, déposa le cadavre à l’endroit désigné, pour le couvrir ensuite d’une large pierre funéraire sur laquelle furent placés l’uniforme, le fusil et les cartouchières, rangés avec symétrie. Les aquarelles biographiques trouvées dans une des poches du zouave servirent à orner, derrière la tombe, une sorte de panneau vertical recouvert d’étoffe noire.

Après ce décès qui la frappa d’une douloureuse stupeur, Sirdah, nature douce et aimante, reporta toute son affection sur l’empereur. Séil-kor lui avait révélé en français le secret de sa naissance, et elle voulait, à force d’attentions, dédommager son père des longues années de séparation que le sort injuste leur avait infligées à tous deux.