Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/289

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Avec l’aide de Séil-kor elle étudia la langue de ses ancêtres, pour être en mesure de parler couramment avec ses futurs sujets.

Chaque fois que ses pas la conduisaient près de la tombe de Velbar, elle appuyait pieusement ses lèvres sur la pierre consacrée au cher disparu.

Le retour de Sirdah ne porta pas ombrage à Méisdehl, toujours tendrement chérie par l’empereur, qui, malgré les derniers événements, aimait encore à contempler en elle l’image animée de ce fameux fantôme irréel si souvent évoqué jadis.

En souvenir de son ancien amour, Talou accorda la vie sauve à Rul, qui, désormais, comptant au nombre des esclaves désignés pour la culture du Béhuliphruen, dut se courber tout le jour vers la terre, bêchant ou sarclant sans relâche. La vengeance du monarque n’eut pas à s’étendre jusqu’au fils adultérin, dont la ressemblance avec Mossem n’avait cessé de s’accentuer avec les années. Bouleversé par l’arrivée de Sirdah et par la découverte du lointain complot tramé pour lui seul, l’infortuné jeune homme, qui s’était cru destiné à régner un jour sous le nom de Talou VIII, fut frappé par un mal de langueur et succomba au bout de quelques semaines.