Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/311

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spéculations, lui vendit d’un seul bloc, à vil prix, l’immeuble et tout ce qu’il contenait.

De cette demeure on communiquait facilement avec Londres, tout en conservant l’avantage du grand espace et du bon air.

Parmi les différents salons du rez-de-chaussée consacrés à la réception, la tragédienne affectionnait particulièrement une vaste bibliothèque, dont les murs étaient garnis entièrement de vieux livres à précieuses reliures. Un large rayon rempli d’œuvres de théâtre attirait plus souvent que tout autre l’attention de la grande artiste, qui, très versée dans la connaissance de l’anglais, passait de longues heures à feuilleter les chefs-d’œuvre nationaux de son pays d’adoption.

Adinolfa, un jour, avait pris à la fois, puis déposé sur sa table, dix volumes de Shakespeare, afin de chercher certaine note dont elle connaissait l’existence sans se rappeler au juste le titre du drame commenté.

La note retrouvée et transcrite, la tragédienne saisit adroitement les livres pour les remettre en place ; mais, parvenue devant la bibliothèque, elle aperçut une épaisse couche de poussière répandue sur la planche dégarnie. Alignant provisoirement son fardeau sur un fauteuil, elle se mit en devoir d’épousseter avec son mouchoir