Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/310

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Ce cours d’essai donna d’immenses résultats. Méisdehl comprenait sans peine les plus subtiles indications et trouvait spontanément des jeux de physionomie personnels et tragiques.

Pendant les jours suivants, plusieurs séances nouvelles furent consacrées à la même étude, et Méisdehl devint promptement une véritable artiste.

Encouragée par ces merveilleux progrès, Adinolfa voulut apprendre à son élève une scène entière, destinée à être mimée le jour du gala.

Cherchant à donner un puissant relief aux débuts de sa protégée, la tragédienne conçut une idée ingénieuse qui l’amena forcément à nous dire quelques mots de son passé.

Tous les peuples du monde acclamaient Adinolfa, mais les Anglais surtout professaient à son égard un culte ardent et fanatique. Les ovations que lui prodiguait le public londonien ne ressemblaient à aucune autre, et c’est par milliers qu’on vendait ses photographies dans tous les coins de la Grande-Bretagne, qui devint pour elle une seconde patrie.

Désireuse de posséder une résidence fixe pour les séjours prolongés qu’elle faisait chaque année dans la ville des brouillards, la tragédienne acheta, sur les bords de la Tamise, un somptueux château fort ancien ; le propriétaire, un certain lord de Dewsbury, ruiné par de dangereuses