Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/322

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de mettre au point toutes les visions demandées, Fuxier, très au courant des finesses de la langue anglaise, prit connaissance du prologue et du morceau final, qui lui fournissaient d’amples matériaux pour un intéressant travail.

Une mention spéciale du manuscrit réclamait, auprès du tombeau de Juliette, un foyer à feu verdâtre propre à éclairer d’une lueur tragique la scène poignante jouée par les deux amants. Ce brasier, dont on colorerait les flammes avec du sel marin, semblait tout indiqué pour consumer les pastilles évocatrices. Adinolfa, qui se grimerait pour paraître elle-même à la fin sous les traits de l’ogresse Pergovédule, pourrait s’étendre derrière le tombeau, et, cachée à tous les yeux, jeter dans la fournaise, au moment opportun, telle pastille génératrice de telle image.

Ce procédé n’excluait pas toute figuration. Deux apparitions, celle de Capulet paré d’une robe à reflets d’or et celle du Christ immobile sur l’âne fameux, devaient être réalisées par Soreau, qui possédait dans sa réserve de costumes tous les éléments nécessaires à leur composition. La transformation s’opérerait à l’abri des regards en quelques secondes, et la docile Mileñkaya se verrait requise pour la circonstance. Chènevillot promit d’établir dans la toile de fond deux fins grillages habilement peints, que l’éclairage respectif