Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/329

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Tcherwonenkoff soixante centimes. Le Balbet, à cause de l’exercice de tir qui promettait beaucoup, trouvait acheteur à quatorze francs, et le Luxo faisait dix-huit francs quatre-vingt-dix, grâce à l’étonnante pièce d’artifice dont on attendait d’immenses résultats.

La Bourse ferma à sept heures juste, mais à partir de cette date elle ouvrit chaque jour pendant vingt minutes, à la vive joie des spéculateurs, dont un grand nombre, sans se préoccuper du résultat final, ne songeaient qu’à faire des coups d’audace sur la hausse et la baisse, en faisant circuler dans ce but des bruits de toutes sortes. Un jour le Carmichaël baissa de neuf points à cause d’un prétendu enrouement du jeune chanteur ; le lendemain la nouvelle était reconnue fausse, et la valeur remontait brusquement de douze francs. Le Balbet subit aussi de fortes oscillations, dues à des rapports sans cesse contradictoires sur le bon fonctionnement du fusil Gras et sur le degré de conservation des cartouches.


Grâce à des leçons quotidiennes, Talou était parvenu à chanter l’Aubade de Dariccelli, en répétant une par une les mesures soufflées par