Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/331

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du projet, résolut de commencer par un Festin des Dieux olympiens, facile à réaliser avec les éléments disponibles d’Orphée aux Enfers.

Pour les autres groupements, Soreau s’inspira de cinq anecdotes respectivement recueillies par lui durant ses tournées à travers l’Amérique du Nord, l’Angleterre, la Russie, la Grèce et l’Italie.

En premier lieu venait un conte canadien entendu à Québec, sorte de légende enfantine dont voici le résumé.

Au bord du lac Ontario vivait un riche planteur d’origine française nommé Jouandon.

Veuf depuis peu, Jouandon reportait toute sa tendresse sur sa fille Ursule, gracieuse enfant de huit ans confiée aux soins de la dévouée Maffa, Huronne douce et prévenante qui l’avait nourrie de son lait.

Jouandon se trouvait en butte aux manœuvres d’une intrigante nommée Gervaise, qui, ayant coiffé sainte Catherine à cause de sa laideur et de sa pauvreté, s’était mis en tête d’épouser le planteur opulent.

Faible de caractère, Jouandon se laissa prendre à la comédie amoureuse habilement jouée par la mégère, qui bientôt devint sa seconde femme.

La vie fut dès lors intolérable dans le logis autrefois si paisible et si rayonnant. Gervaise avait installé dans son appartement sa sœur