Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/342

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


prit une allure intéressante et belle, due à d’ingénieuses combinaisons de rythme et d’harmonie.

La même phrase de vingt-trois notes se reproduisant sans cesse, présentée chaque fois sous un aspect nouveau, vint constituer à elle seule le fameux oratorio Vesper, œuvre puissante et sereine dont le succès dure encore.

Soreau, en parcourant la Russie, avait pris ces notes historiques sur le czar Alexis Michaïlovitch.

Vers la fin de 1648, Alexis, presque enfant et déjà empereur depuis trois ans, laissait gouverner à leur guise ses deux favoris Plechtcheïef et Morosof, dont les injustices et les cruautés faisaient partout des mécontents.

Plechtcheïef surtout, honni de tous ceux qui l’approchaient, semait sur ses pas d’implacables rancunes.

Certain matin de décembre, une rumeur courut dans le palais : Plechtcheïef, hurlant de douleur au fond de son appartement, se tordait dans d’affreuses convulsions, les yeux en sang et l’écume à la lèvre.

Quand le czar, accompagné de son médecin, pénétra chez le favori, un spectacle terrifiant s’offrit à ses regards. Étendu sur le tapis, Plechtcheïef, les membres crispés, le visage et les