Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/341

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de toute espèce promettait déjà de rendre fort captivante la visite du home illustre. Pourtant le maître restait hanté par le désir d’augmenter sans cesse l’attrait du pèlerinage futur. C’est pourquoi, saisissant une occasion propice, il avait ce soir-là fait de la main courante en question un monument impérissable, en autographiant sur elle le thème incohérent et bizarre dont le nombre de marches primitivement ignoré venait de fixer à lui seul la longueur, ajoutant de la sorte une particularité supplémentaire au côté mécanique et voulu de la composition.

Remis par quelques instants d’immobilité, Hændel, escorté de ses amis, regagna la salle du premier, où la soirée se termina gaîment. Corfield se chargea de transcrire musicalement la phrase élaborée par le caprice du hasard, et le maître promit de suivre strictement les indications du canevas, en se réservant seulement deux libertés, d’abord celle des valeurs, puis celle du diapason, qui évoluerait sans contrainte d’une octave à l’autre.

Dès le lendemain Hændel se mit à la besogne avec l’aide d’un secrétaire habitué à écrire sous sa dictée.

La cécité n’avait nullement affaibli l’activité intellectuelle du célèbre musicien.

Traité par lui, le thème au contour fantastique