Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/349

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pour l’agencement factice de tous les accessoires, Soreau s’adonna fiévreusement à la réalisation des six tableaux projetés.

Pour le Festin des Dieux, une corde noire, impossible à distinguer sur un fond de même couleur, devait suspendre Mercure dans les airs ; le maître-coq se chargerait de dresser une table richement servie.

La légende du lac Ontario demandait des travaux plus complexes. Prêtée par Olga Tcherwonenkoff, l’ânesse Mileñkaya, portant à la mâchoire les deux fragments extrêmes d’un séton illusoire, jouerait son rôle devant un son factice qui, obtenu avec de minces pellicules de papier jaune, ne lui offrirait aucune tentation dangereuse capable de révéler la fausseté de l’entrave. Soreau avait fixé son choix sur le moment précis d’une des tentatives infructueuses faites pour délivrer les ensorcelés. Stella Boucharessas représenterait la charitable Ursule s’efforçant vainement de pêcher le brochet fugitif ; auprès d’elle, Jeanne Souze, la face et les mains colorées, figurerait dans l’emploi de la fidèle Maffa. Devant l’ânesse, Soreau en Borée pourchasserait une oie extraite de la basse-cour du maître-coq ; les ailes du volatile seraient écartées par une carcasse invisible, et ses pattes, collées au plancher par un enduit tenace, garderaient une attitude de fuite rapide. Parmi les accessoires de la troupe,