Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/356

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Avec maintes précautions Fogar prit le curieux spécimen, qui, étranger au règne végétal, n’était retenu par aucun lien.

Un peu plus haut, trois échantillons non moins bizarres se tenaient collés à la paroi.

Le premier, de forme très allongée, portait une rangée de fins tentacules pareille à quelque frange de meuble ou de vêtement.

Le deuxième, plat et mou comme une souple étoffe, ressemblait à un mince triangle adhérant au mur par sa base ; de puissantes artères formaient partout des zébrures rouges, qui, bien complétées par deux yeux ronds aussi fixes que des pois noirs, donnaient à l’ensemble flottant l’aspect d’une flamme de pavillon évoquant une peuplade ignorée.

Le dernier échantillon, plus petit que ses deux voisins, portait sur son dos une sorte de carapace très blanche, qui, semblable à une mousse de savon solidifiée, devenait curieuse à force de finesse et de légèreté.

Joignant à l’éponge ce triple butin, Fogar voulut prendre le chemin du retour.

Soudain il ramassa dans un coin de la grotte un large bloc gélatineux. Ne trouvant à l’objet aucune particularité intéressante, il le déposa au hasard sur un rocher voisin dont la surface était hérissée d’aspérités et de piquants.

Semblant se réveiller au contact de ces