Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/368

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qui, aussitôt ramassé avec précaution, lui inspira un double projet se rapportant au gala.

En premier lieu Fogar prétendait poser sur le savon même l’animal à carapace blanche, qui, pris de la sorte pour une mousse inerte, impressionnerait les spectateurs par la brusque révélation de sa personnalité agissante.

Puis, comptant mettre à profit les propriétés étrangement glissantes de la substance nouvelle pour lui, Fogar voulait lancer sur un but quelconque le bloc de savon, rendu instable par une suffisante humidité.

À ce propos, le jeune homme se souvint d’un lingot d’or aperçu par Bachkou au fond du Tez, certain jour où le fleuve était plus limpide que de coutume. En plongeant rapidement, le sorcier avait saisi le brillant objet, qu’il gardait depuis avec la plus jalouse sollicitude.

Étant donnée sa forme de cylindre arrondi aux extrémités, le lingot se serait fort bien prêté à l’expérience difficultueuse conçue par Fogar.

Mais le sorcier attachait trop de prix à sa trouvaille pour daigner s’en séparer même un instant.

Songeant que le Tez devait recéler à coup sûr d’autres lingots pareils au premier, Fogar projeta une plongée en eau douce dont il attendait avec confiance de fructueux résultats.

Comme le joueur favorisé par le sort, il n’envisageait