Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/38

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Le véhicule, hissé progressivement, ― puis entraîné vers la droite par son propre poids, ― roula sans aucun moteur sur la voie silencieuse et vint buter contre le bord opposé du socle, dont la paroi se dressait maintenant comme un obstacle devant la plate-forme descendue.

Le va-et-vient se reproduisit plusieurs fois, grâce à la manœuvre de la pie qui oscillait sans cesse d’une ouverture à l’autre. La statue de l’ilote restait soudée au véhicule, dont elle suivait tous les voyages, et l’ensemble était d’une légèreté telle que les rails, malgré leur inconsistance, n’offraient aucune trace d’aplatissement ni de cassure.

Talou voyait avec émerveillement le succès de la périlleuse expérience qu’il avait imaginée lui-même sans la croire réalisable.

La pie cessa d’elle-même son manège et atteignit en quelques coups d’ailes le buste d’Emmanuel Kant ; au sommet du support, pointait, à gauche, un petit perchoir sur lequel l’oiseau vint se poser.

Aussitôt, un puissant éclairage illumina l’intérieur du crâne, dont les parois, excessivement minces à partir de la ligne des sourcils, étaient douées d’une parfaite transparence.

On devinait la présence d’une foule de réflecteurs orientés en tous sens, tant les rayons ardents,