Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/380

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Les deux amants se partagèrent la besogne. Ghîriz devait faire provision de fruits savoureux, tandis que Neddou chercherait quelque source fraîche, propre à étancher la soif.

Certain arbre centenaire, au tronc géant facilement reconnaissable, fut choisi comme point de réunion, et chacun se mit en campagne dans la pénombre envahissante.

À la suite de maints détours, Neddou découvrit la source souhaitée.

La jeune femme voulut aussitôt s’en retourner ; mais, au milieu de la nuit rapidement tombée, elle s’égara peu à peu, et, prise d’angoisse, erra pendant des heures sans pouvoir retrouver l’arbre immense désigné pour but.

Folle de douleur, Neddou se mit en prière, émettant le vœu de jeûner dix jours durant si elle parvenait à rejoindre Ghîriz.

Réconfortée par cet élan vers la puissance suprême, elle reprit sa marche avec un nouveau courage.

Peu de temps après, sans savoir par suite de quels mystérieux circuits, elle se trouva soudain en présence de Ghîriz, qui, l’œil hagard, n’osant quitter la place convenue, l’attendait en poussant des cris d’appel.

Neddou s’élança dans les bras du poète en remerciant Allah de son intervention si prompte.