Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/381

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Ghîriz montra sa récolte de fruits, mais Neddou refusa d’en prendre sa part en contant les détails de son vœu efficace.

Le lendemain, les deux fugitifs continuèrent à pied le chemin commencé ; pendant la nuit, le zèbre s’était échappé en rompant ses liens.

Durant plusieurs jours, le couple alla de village en village, errant à l’aventure.

Neddou commençait à ressentir les tortures de la faim. Bien que désespéré, Ghîriz n’osait la pousser à enfreindre sa promesse, dans la crainte d’attirer sur elle la colère céleste.

Le dixième jour, la jeune femme était si faible qu’elle pouvait à peine avancer même en se soutenant au bras de son amant.

Soudain elle chancela et tomba inanimée sur le sol.

Ghîriz, appelant à l’aide, vit accourir une marchande de victuailles dont l’échoppe se dressait au bord de la route.

Sentant la mort prête à lui ravir sa maîtresse, le poète prit une rapide détermination.

Sur sa demande, la marchande empressée apporta divers aliments, et Neddou, rouvrant les yeux, se reput avec délice de cette nourriture bienfaisante.

Douée d’une nouvelle énergie, la jeune femme se remit en marche, afin de fuir les nombreux émissaires que le riche Schahnidjar, dont