Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/385

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Il prit le parti définitif de tout réunir sur son cadre, qui lui était si commode pour obtenir le sommeil léthargique générateur de caillots sanguins.

Chènevillot dota la couchette des annexes voulues, soigneusement adaptées à la forme spéciale de tel animal ou de tel objet.

Le bariolage automatique du roseau gigantesque semblait désigné pour distraire les spectateurs pendant la syncope volontaire, qui devait se prolonger avec monotonie.

Pourtant, la première phase de l’évanouissement offrant un réel attrait dû à la disparition graduelle de la vie et du souffle, il convenait de laisser Fogar en vedette exclusive jusqu’au moment de prostration absolue qui le rendait semblable à un cadavre.

Dans ce but, Chènevillot arrangea la plante comme un ciel de lit et plaça au-dessus d’elle un phare électrique à brillant réflecteur.

En choisissant pour l’expérience une heure suffisamment obscure, les vues changeantes seraient tour à tour éblouissantes ou cachées, suivant le docile caprice d’un courant maniable.

Fogar, qui tenait à faire tout lui-même, devait seul disposer de l’allumage. Mais, pendant la somnolence léthargique, une rigidité complète des jambes et des bras était nécessaire pour amener la condensation sanguine. Chènevillot