Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/391

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Après de longues réflexions, Skarioffszky imagina un appareil propre à utiliser la pesanteur de l’onde spéciale habitée par le ver.

Les roches de la rivière lui fournirent quatre plaques de mica solides et transparentes, qui, taillées finement puis soudées avec de l’argile, formèrent un récipient adapté à certaines fins. Deux branches résistantes, plantées verticalement dans le sol de chaque côté de la cithare, soutinrent dans leur extrémité fourchue l’appareil à base longue et mince bâti en manière d’auge.

Skarioffszky dressa le ver à se glisser dans le récipient de mica puis à boucher en s’allongeant une rainure ménagée dans l’arête inférieure.

S’armant d’une large cosse de fruit, il eut vite fait de puiser à la source quelques pintes d’eau qu’il versa dans l’auge transparente.

Ensuite, avec l’extrémité d’une brindille, il souleva, pendant un quart de seconde, un infime fragment du corps étendu.

Une goutte d’eau s’échappa et vint frapper une corde qui vibra très purement.

L’expérience, renouvelée plusieurs fois dans la région voisine, donna une suite de notes formant ritournelle.

Soudain le même contour musical fut répété par le ver, qui de lui-même livra passage au