Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/407

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temps qu’il lui fallait consacrer au sommeil et aux repas.

Son fanatisme l’attirant surtout vers la chimie, elle poursuivait âprement, au cours de ses veilles, certaine grande découverte depuis longtemps en germe dans son esprit. Il s’agissait d’obtenir, par un procédé purement photographique, une force motrice suffisamment précise pour guider avec sûreté un crayon ou un pinceau. Déjà Louise touchait presque au but ; mais il lui manquait encore une essence très importante et jusqu’alors demeurée introuvable. Le dimanche elle allait herboriser dans les bois voisins de Paris, cherchant vainement la plante inconnue qui devait parfaire sa mixture.

Or, en lisant dans divers récits d’explorateurs maintes féeriques descriptions de la flore tropicale, la jeune fille rêvait de parcourir les brûlantes régions du centre africain, certaine de centupler, au milieu d’une végétation sans pareille, ses maigres chances de réussite.

Pour se distraire de son idée fixe, Louise travaillait chaque jour à un court traité de botanique attrayant et imagé, ouvrage de vulgarisation destiné à mettre en relief les étonnantes merveilles du monde végétal. Elle termina vite cet opuscule, qui, tiré à un grand nombre d’exemplaires, lui rapporta une petite fortune.

En se voyant à la tête de cette somme inattendue,