Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/409

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Admirablement douée au point de vue physique, Louise, malgré la gravité de son caractère, n’était pas exempte d’une certaine coquetterie. Désespérée par la révélation de Renesme, elle chercha le moyen de rendre autant que possible gracieux et esthétique l’instrument chirurgical qui allait désormais faire partie de sa personne.

Prenant comme prétexte son prochain départ pour de périlleuses contrées, elle résolut d’adopter le costume masculin, dont la commodité convenait parfaitement aux difficultés d’une audacieuse exploration.

Son choix se fixa sur un uniforme d’officier ; elle pourrait ainsi donner aux tuyaux sonores une apparence d’aiguillettes, en imitant le subterfuge grâce auquel on dissimule les cornets de sourds dans des montures d’éventails ou de parapluies.

Renesme se prêta volontiers à la réalisation de ce caprice et construisit son appareil suivant les plans demandés.

L’opération réussit à souhait ; la tumeur, placée dans le bas du poumon, fut mise en communication avec l’air extérieur au moyen d’une étroite ouverture, à laquelle vint s’adapter un tube rigide subdivisé en plusieurs aiguillettes creuses et résonnantes.

Grâce à l’action bienfaisante de cette soupape,