Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/426

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commenta les pénibles instructions par une foule d’appréciations personnelles.

À son avis, Talou exécrait Louise, dont l’image s’associait toujours dans sa pensée avec celle du roi Yaour. Le frère et la sœur étaient confondus dans le même sentiment d’aversion farouche, et l’empereur ne leur offrait un double exeat qu’en échange de prodiges irréalisables, dont il avait laborieusement réglé tous les détails avec un raffinement plein de malicieuse cruauté.

Parmi les caisses et ballots éventrés lors de l’accident du Lyncée, se trouvait un important stock de jouets adressé à un marchand de Buenos-Ayres. Talou s’était fait montrer en détail tous les articles, nouveaux pour lui, contenus dans le colis, s’intéressant spécialement aux objets mécaniques, dont il manœuvrait lui-même le remontoir. Il avait distingué surtout certain chemin de fer qui le ravissait par son merveilleux roulement dû a un complexe réseau de rails facilement démontables. C’est de cette amusante invention qu’était issu en partie le projet dont Sirdah venait nous exposer le détail.

Inspiré par son dernier dîner, Talou exigeait du pauvre Norbert la construction d’une statue de grandeur naturelle, captivante comme sujet et suffisamment légère pour rouler, sans les détériorer, sur deux rails crus faits de cette même matière inconsistante si bien accommodée la