Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/437

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lisibles, dont la périlleuse prononciation se trouvait fidèlement reproduite au moyen de l’écriture française ; c’était la Bataille du Tez, transcrite à l’instant par le jeune noir sous la dictée de l’empereur.

L’air était fourni par la répétition continuelle d’un motif unique et bref que Séil-kor apprendrait facilement à Carmichaël.

Comptant sur la peur pour obtenir une interprétation parfaite, Talou punissait d’avance la moindre faute de mémoire par trois longues heures de consigne, pendant lesquelles, travaillant en vue d’une nouvelle récitation lyrique soumise au même code, Carmichaël, immobile et debout, la face tournée contre un des sycomores de la place des Trophées, repasserait sa leçon sous l’étroite surveillance d’un noir.

Ayant recueilli l’acquiescement forcé du jeune chanteur, Séil-kor, toujours mandataire de Talou, exigea de nous un simple conseil sur le rôle que pourraient jouer dans la cérémonie du sacre les trente-six frères de Sirdah.

Il nous parut que des enfants de cet âge, tout désignés pour l’emploi de pages servants, ajouteraient au pittoresque du tableau en portant la longue traîne de leur père au moment où celui-ci se dirigerait majestueusement vers l’autel. Mais, six tout au plus trouveraient place autour de la